Ce travail prend pour point de départ un geste simple : dans des photographies de rue, les visages des passants sont remplacés par des têtes de poupées qui ont traversé des décennies. Ces poupées portent en elles un enfant qui interroge la personne à laquelle il est mêlé. Le trouble s’installe, une inquiétante étrangeté sourde, celle du réel qui vacille.
Nous nous croisons. Nous ne nous voyons pas. La poupée ne fait que rendre visible ce qui l’était déjà, l’opacité de chaque visage, l’impossibilité d’atteindre celui qu’on regarde.
Une poupée passe d’un corps à l’autre sans résistance. Ce que les visages séparent, elle le réunit, dans la même matière lisse, le même regard fixe, la même douce indifférence aux catégories.
Sous la chaleur du soleil et les couleurs saturées, une vanité contemporaine, le crâne sur la table.